Je viens de recevoir pour la seconde fois, le lien vers une tribune de Krugman dans le NY Times.
http://www.nytimes.com/2012/
J'ai donc éprouvé le besoin d'y répondre sur le blog : plus rapide ;-)
La dette des Etats est différente de la dette des particuliers ?
Certes, on ne peut pas se faire saisir la maison mais on risque le chaos dans la maison (URSS, Grèce, ...). Et ensuite, Krugman parle d'un cas spécifique : l'endettement de la puissance dominante. Il oublie que l'Angleterre, une fois perdue sa puissance (qui se traduit par la fin du Sterling comme monnaie de référence), a vécu une période particulièrement difficile qui ne s'est conclue que grâce aux remèdes de cheval de Margaret Thatcher.
Donc la situation serait changée si les USA perdaient leur suprématie. Si le Dollar perd son statut, la dette US devient subitement un réel fardeau.
Ensuite, sa thèse est que c'est une dette de l'Amérique à l'égard de l'Amérique. Cela pose le problème du défaut de paiement pour les retraités US. Et donc cela impose la prise en charge des générations actuelles par les générations futures. C'est probable mais il devrait y avoir un prix à payer (guerre des générations).
La dette des Etats se rembourse d'elle-même ?
Il a raison de dire que la dette des états a souvent fini par se rembourser par la croissance.
Mais aurons-nous de la croissance d'ici là ? Ça dépend de la croissance démographique mondiale et des gains de productivité : si demain nous faisions face à une refroidissement climatique (explosion volcanique ou cycle naturel solaire) la productivité chuterait, la démographie aussi, ... Je suis prêt à admettre que c'est un cas limite et que la dette deviendrait un soucis mineur.
Un problème d'efficacité et de morale
* efficacité parce qu'il faudrait être sûr que les dépenses de l'Etat sont les meilleurs investissements possible. Des travaux de Robert Fogel, prix Nobel d'Economie de 1993, laissaient penser que les énormes dépenses de l'Etat Fédéral américain sur le développement des voies ferrées en 1890 avaient fait perdre 4% de croissance aux USA. Hors c'est la base de l'idéologie du développement des investissements en infrastructures et en nouvelles technologies encore en vigueur aujourd'hui.
* morale pour deux raisons :
d'abord ces investissements sont souvent la source de grandes prévarications. L'histoire des voies ferrées US et des fortunes qui s'y sont faites est très édifiante à cet égard.
ensuite car ce que décrit Krugman est un abus de puissance : la dette n'est pas un problème pour les USA (et ne l'était pas pour l'Angleterre à son zenith) mais en est un gros pour la Grèce (et avant cela l'Argentine, le Mexique ou l'URSS).
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