Au début des années 90, les Nuls, sur Canal+, parodiait les publicités de la Société Générale (SocGen) en parlant de la Société Géniale. Bien entendu, les problèmes récent qu’elle rencontre peuvent aussi prêter à sourire.
Cette banque est gérée par une alliance d’inspecteurs des Finances et d’inspecteurs généraux de la Société Générale (corps maison calqué sur sa grande soeur tant admirée). Elle est contrôlée par la commission bancaire. C’est à dire encore d’autres inspecteurs des finances ! Et elle s’aperçoit, tout à coup, que ses traders étaient prêt à tout pour attraper leurs carottes (autrement appelé bonus !).
Voila qui prête à la réflexion !
On pourrait aborder le sujet par des angles multiples :
Sur la méconnaissance du terrain par les dirigeant
Sur l’inadéquation du management par prime (sujet parfait pour les fans de W. Edward Deming)
Abordons le plutôt sur la question du contrôle des banques.
Il y a quelques années, Jean Peyrelevade intervenait pour faire parler d’un des ses ouvrages. Il se réjouissait du regroupement à l’origine de la disparition de la moitié des sociétés financières dans la décennie 90. En parfait représentant corporatiste du monde bancaire, il voyait là un meilleur contrôle par les autorités des agissements, forcement suspects, des petits établissements. Voila de l’ironie ! A 15 ans d’intervalle, deux banques insubmersibles heurtent un iceberg ! Dans les deux cas, il est difficile d’invoquer l’accident.
Pour le Crédit Lyonnais, il est de notoriété publique que les erreurs ont eu lieu au plus haut niveau.
Pour le cas de la Société Générale, ses dirigeants sont en train de s’apercevoir qu’ils n’avaient aucune idée de ce qui se passait dans les salles de marché. Et le pire est qu’il ne s’agit pas d’un incapacité à appréhender les arcanes de la finance moderne. Il aurait suffit alors de décider de couper les activités exotiques ! L’accident a eu lieu dans une activité relativement simple. Le problème est que le système de contrôle du front office est en cause. Jugez plutôt : par choix, les outils de contrôle étaient développé en interne par … les traders eux-mêmes ! C’est ce qu’on appelle une erreur de management. Ce n’est pas un accident !
Ajoutez à cela l’idée de les payer à la commission et vous avez le cocktail explosif. La surprise est qu’il n’ait pas explosé plus tôt et plus bas sous la ligne de flottaison. En même temps le coup est dur pour une banque qui tire une grosse partie de ses revenus des salles de marché. La défiance est là, dans le milieu des marchés financier, maintenant.
Pour leur part, les américains célèbrent Jérôme Kerviel comme un héros. Grâce à lui, la Fed, prenant la “fire sale” (vente en urgence) de la “Générale” pour un krach boursier, a baissé très énergiquement ses taux d’intérêts. Cela pourrait redonner de la vigueur à l’économie américaine.
Mais revenons à ces paquebots forcément insubmersibles. Cette hypothèse se révèle fausse. Il faut donc la remettre en cause. Et les conséquences devraient dépasser le seul sujet du contrôle par l’autorité de régulation. C’est le sujet de la concurrence qui reviendrait sur le devant de la scène. Les grosses structures bancaires avaient réussi à l’éradiquer au prétexte de la sécurité.
Voilà qui ferait de la Société Géniale, malgré elle, un formidable bienfaiteur pour les entrepreneurs français !
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